Ce sont des choses qui arrivent…
juil 29

La SNCF et la région Centre communiquent à grand renfort de papier glacé, mais n’ont pratiquement aucune vision à moyen ou long terme sur l’incidence de leurs propres communications à la sauce développement “durable”… En effet, ils mettent en avant le fait que les voyageurs ont accès à l’inter-modalité de l’avenir… Vélo+TER sans penser que les voyageurs pourraient suivre leurs conseils…

Banderole déployée par des vélorutionnaires Tourangeaux à la gare.

Ce que la SNCF et la région Centre oublient de dire, c’est que les voyageurs ne sont pas vraiment les bienvenues à bord avec leurs vélos. Du moins, pas si les cyclistes ont l’intention d’en prendre l’habitude. Pire encore, le vélo et le TER, c’est une histoire qui risquerait de se terminer très vite. Sur ce sujet-là, il y aura fort à parier, que ce sera le silence radio le plus complet dans les médias…

L’histoire est plutôt banale, car elle se répète plusieurs fois par jour.

Citons le cas d’Alain de St Pierre des corps qui a décidé de laisser sa voiture à la maison et d’aller travaillé en vélo+Train à la ville d’Amboise, question de coûts à la pompe et d’économie de carburant. Solution proposée par le TER Centre est l’inter-modalité vélo+train (pour les francophones hors France, le TER est une sorte de train de banlieue proposé par la SNCF). Le TER affiche en grand sur un des wagons un pictogramme vélo. Ce visuel signifie tout bonnement “Amie(e) voyageur ! Ici, tu peux déposer ton vélo sur un emplacement spécifiquement adapté à tes besoins et aller t’asseoir avec tes autres gentils compagnons voyageurs…”

Alain et tous les autres cyclistes journaliers trouvent plutôt que c’est le parcours du combattant. 3 places en moyenne pour 15 vélos… Le trafic de vélos explose ! Le prix du baril de pétrole, le coût de la vie, le réchauffement climatique et la crise énergétique y sont sans doute pour quelque chose.

Cet habitant de Saint-Pierre-des-Corps embarque le matin dans le corail Intercités de 7h13 pour se rendre à son travail, dans la zone industrielle d’Amboise. «Le trajet dure vingt minutes. C’est tranquille, on passe à travers champs, j’écoute de la musique. Parfois, je vois des chevreuils», raconte Alain.
Le coût de son abonnement de transport lui coûte 44€ par mois, «c’est bien moins cher qu’un plein de carburant. On est de plus en plus nombreux à vouloir faire des économies, raconte-t-il. Je ne vais pas taper sur la SNCF, car le train reste à mon avis la meilleure alternative qui soit à la voiture. Pourtant, comme tous les utilisateurs, je pense que l’offre ne correspond plus à la demande.»
Le soir, Alain rentre à Saint-Pierre par le TER de 16h53. «Parfois, on est quatorze cyclistes à monter dans le train, alors qu’il n’y a que… trois places pour les vélos dans la rame centrale.»

Que faire ?

Alain, qui milite au sein de la vélorution tourangelle prévient tout le monde sur ce problème. Le collectif décide alors que le thème de la prochaine vélorution (celle du 5 juillet dernier) sera axé sur ce sujet. Une prise de rendez-vous est faite auprès de la SNCF qui a confirmé sa volonté de dialoguer avec les vélorutionnaires lors de leurs arrivées à la gare de Tours.

Vélorution du 5 juillet 2008

ter vélo

C’est M. Yvon BORRY, directeur délégué aux TER Centre et Mme Danielle MONGE, travaillant à la communication qui présent ce jour-là.

Il y a eu une bonne présence des médias: France3 Tours (télévision locale) et la Nouvelle République (journal local). Présence aussi au sein de la vélorution de membres du CVL-Est, du représentant de la FNAUT-Centre (Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports) et d’un membre d’ARIAL (Association de Réflexion, d’Information et d’Action Locale de Saint Pierre des Corps)1 . Une belle brochette de gens responsables, réfléchis et fortement impliqués pour une société plus juste et plus idéale.
Il y a eu un bon accueil des responsables de la SNCF même s’il est à noter que l’arrivée des vélorutionnaires provoque toujours des réactions bizarres en lieu public. Voici ci-dessous une partie des échanges entre la Vélorution et M. Borry. L’échange est des plus cordial, mais personne n’a été vraiment satisfait des réponses… J’ai filmé la plus grande partie de cette vidéo. Claude d’Arial en a filmé la conclusion.

Échange entre la Vélorution tourangelle et le représentant de la SNCF.

Que dire ?

  • L’économie prime tout. À terme, attendons-nous à ce que les cyclistes soient refoulés des trains. Difficile de voir une autre issue au dialogue cordial avec la SNCF. Pour cette dernière, un voyageur à vélo prend de la place, elle, qui prévoit une augmentation de trafic. Place au voyageur qui laisse son vélo dans la gare de Tours et qui en aura un deuxième à Blois, Amboise, Chinon, Montrichard ou ailleurs. C’est une logique, mais pas nécessairement celle des cyclistes.
  • La multi modalité, ce n’est pas le vélo dans les trains. C’est plutôt un service de masse à base de vélo en libre-service à l’échelle de la région. C’est un vélo qu’on gare dans sa gare de départ avec peut-être un service de gardiennage (même dans les petites gares? humm, humm…) et un service de masse à base de trains.
  • À court terme, les cyclistes vont continuer à s’entasser les uns sur les autres, à poser leurs vélos dans des trains sous-dimensionnés au niveau du service. Puis un jour…
  • Le cycliste s’abandonnera aux services DECAUX (avec tout ce que cela engendre vu que la pub, c’est un appel à la surconsommation),
  • Où il achètera un deuxième vélo en espérant que la SCNF le gardera bien

Il s’agit bien sûr d’un problème relatif à la Région Centre en France, mais d’autres régions sont aussi touchées. La SNCF s’ajuste plus ou moins selon la taille du problème. L’effort de l’intégration des vélos dans les trains est plus que louable. C’est même une idée géniale en soit. Mais sérieusement, il faut revoir l’organisation du dispositif. Un vélo par voyageur n’est certainement pas envisageable, mais des doublement des rames voir une rame sans siège ou avec quelques sièges rabattables, pourquoi pas. Le succès grandissant de la «Loire à vélo» amènera une clientèle cycliste supplémentaire. Les cyclistes feront la Loire dans un sens, mais ils compteront sur le train pour le retour.

Pour tous ceux et celles qui pensent qu’il est utopique d’avoir des vélos dans le train où de tenter d’en augmenter le nombre… Quelques chiffres :

  • Berlin en Allemagne : 48 places par train
  • Copenhague au Danemark : 32 places par train
  • Barcelone en Espagne : illimité
  • Zurich en Suisse : 10 à 15 places par train

Et nous, on attend quoi ?

Pour en savoir plus :

  1. L’auteur de ce blog, est membre actif de Vélorution Tours et d’ARIAL []

écrit par Dédé \\ tags: , , , , ,

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